“Le Lac” d’Alphonse de Lamartine

Lamartine, a pioneer of the French Romantic movement, is considered one of the greatest French poets of the nineteenth century. In this poem Lamartine talks about the ephemeral nature of life and love.
Written in highly melodious and emotional verse, “Le lac” epitomizes the lyrical qualities of Lamartine’s poetry.

Click on the audio bar to listen to my slow and fast enunciated recording of this famous French poem.

1 – Poème : Le Lac

Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour?

O lac! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir
Regarde! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Oû tu la vis s’asseoir!

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés:
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots:

“O temps, suspends ton vol! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours!
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours!

“Assez de malheureux ici-bas vous implorent:
Coulez, coulez pour eux;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent;
Oubliez les heureux.

“Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit;
je dis à cette nuit: “Sois plus lente”; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

“Aimons donc, aimons donc! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons!
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive;
Il coule, et nous passons!”

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Oû l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur?

Hé quoi! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace?
Quoi! passés pour jamais? quoi! tout entiers perdus?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez?
Parlez: nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez?

O lac! rochers muets! grottes! forêt obscure!
Vous que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir!

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux!

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés!

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise: “Ils ont aimé!”

2 – Translation

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3 – Introduction to the podcast

Bonjour à tous, et bienvenue sur ce nouvel épisode d’Easy French poetry podcast.
Aujourd’hui, à la demande d’un de mes abonné, je vais vous parler du poète de la fin du 18e siècle, Alphonse de Lamartine. Je vais lire un de ses poèmes le plus connu, Le Lac, qu’il a écrit pour Julie Charles, une femme mariée avec laquelle il vécu une relation intensément spirituelle, mais qui est morte deux ans après.

Le poème “Le lac” est une réflexion sur le temps en rapport avec un amour qui semble fini pour toujours. L’auteur constate tristement que le passé, même heureux, est passé à jamais, que le temps en a effacé la trace et qu’il ne reviendra jamais. Seul le paysage témoigne du souvenir, et il peut dire “ils ont aimé”.
Alors, je vais commencer par vous présenter la vie de l’auteur.

180px-lamartine_par_decaisne.jpgNé à Mâcon le 21 octobre 1790 dans une famille de petite noblesse sans grande fortune, Alphonse de Lamartine passe son enfance à Milly, un village près de Mâcon, et fait ses études chez les jésuites. Il reçoit une solide éducation classique et religieuse, garde le contact avec les réalités de la campagne, et  lit beaucoup.

De  juillet 1811 à avril 1812, Lamartine fait un voyage en Italie. Il découvre Florence, Rome et Naples. Là, il tombe amoureux d’une jeune fille, Antoniella (qu’il évoquera dans Graziella).
Pendant la Restauration, il devient garde du corps du roi Louis XVIII. Mais ses goûts le portent davantage vers la littérature que vers les honneurs de la cour.

En 1815, pendant les Cent-Jours, époque politique troublée et dangereuse, il se réfugie en Suisse, en Savoie, où il rencontre celle qui devint l’Elvire du Lac, Julie Charles, une femme mariée avec qui il vit une relation intense et spirituelle mais brève, puisque la jeune femme meurt de maladie deux ans après. Julie Charles devient l’Elvire des Méditations, recueil de vingt-quatre poèmes salué par un grand succès en 1820.
Plus tard, Lamartine épouse Mary-Ann Birch, et commence sa carrière politique, tout en continuant sa carrière littéraire. Le couple voyage en Italie, en Angleterre, à Paris. En même temps, le poète publie Les Nouvelles Méditations, La Mort de Socrate, Le Dernier Chant du Pélerinage d’Harold.

En 1825, il est nommé secrétaire d’ambassade à Florence, mais n’obtient pas le poste de ministre de France : il part en vacances, revient en province, et publie Les Harmonies Poétiques et Religieuses.

Lamartine se rallie à la Monarchie de Juillet, et essaie de devenir député, mais il échoue. En 1832, il fait un voyage en orient : il visite la Grèce, le Liban, va jusqu’au Saint-Sépulcre car il est très religieux. Puis c’est la tragédie, la mort de sa fille qui lui inspirera Gethsémani, et qui ébranlera ses convictions religieuses.

[adblock]En 1833, il est élu député et continu de l’être jusqu’en 1851. Il devient de plus en plus de gauche, puis chef des révolutionnaires de 1848. Ses œuvres Le Voyage en Orient, Jocelyn, et La Chute d’un Ange, révèlent les changements de sa pensée religieuse.

En 1848, Lamartine est à la tête de la république; mais il ne mène pas la politique voulue par l’assemblée conservatrice, et le 24 juin l’assemblée élit le général Cavaignac qui écrase la révolte.

En décembre, Lamartine se présente à l’élection présidentielle, mais obtient de très faibles résultats, ce qui met fin à sa carrière politique.

La fin de la vie de Lamartine est marquée par des problèmes d’argent. À la fin des années 1860, presque ruiné, il vend sa propriété de Milly. Paralysé par une attaque en 1867, Il meurt à Paris en 1869.

Voici donc le poème. Comme d’habitude, je vais le lire deux fois, une fois plus lentement, une autre fois avec une interprétation plus personnelle.

(slow reading of the poem)

Voilà, je vais maintenant relire le poème de façon plus personnelle, je remercie par avance ceux qui voudront bien poster un commentaire sur iTunes sur mes podcast, ou bien acheter mes produits ou faire une donation sur FrenchToday.com pour soutenir mon effort, et je vous dis à bientôt pour un autre poème.