“Apparition” et “L’Après-midi d’un Faune” de Stéphane Mallarmé

This time, I’m going to read 2 poems by Mallarmé. The beginning of L’Après-midi d’un Faune is one of my favorite poems to read out loud. It’s pure music, with flashes of enchanting images.I am not quite sure what the story says, but the rhythm of the melody is enough to delight me.

1 – Poème Apparition

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.

— C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées

Translation

The moon was getting sad. Weeping cherubs
were dreaming, bow in hand in the quiet vaporous flowers
Played from their dying viols,
white tears rollied on the sky-blue petals

– That was the sacred day of our first kiss
And I became martyr to my own dreams
which fed on that perfume of sadness
which, even without regrets or mishaps, leaves
picking up a dream to the heart who picked it.

Here I was, wandering, with my eyes riveted on the ancient cobbles
When with sunshine in your hair, in the street,
and in the night, you appeared to me, laughing
And I thought I saw the fairy with a hat of light
That once visited my beautiful spoiled childhood’s slumbers
And from whose half closed hands
Kept snowing in white bunches of scented stars.

2 – Début du poème l’Après-midi d’un Faune

[adblock]Le Faune:
Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.
Aimai-je un rêve?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois même, prouve, hélas! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.

Réfléchissons…
ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux!
Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste:
Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison?
Que non! par l’immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d’accords; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant
Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
C’est, à l’horizon pas remué d’une ride
Le visible et serein souffle artificiel
De l’inspiration, qui regagne le ciel.

Translation

(I don’t usually take translations from the web, I do my own, but here, I really couldn’t, so I hope Wikipedia won’t mind.)
From Wikipedia.org:
Although poetry always suffers in translation, this poem presents especial difficulty, in part because so many words and phrases were chosen for lyricism rather than precision. The following translation, which compromises the interpretation only slightly in order to maintain the rhyme scheme, is by Henry Weinfeld.

These nymphs that I would perpetuate:
so clear
And light, their carnation, that it floats in the air
Heavy with leafy slumbers.
Did I love a dream?
My doubt, night’s ancient hoard, pursues its theme
In branching labyrinths, which being still
The veritable woods themselves, alas, reveal
My triumph as the ideal fault of roses.
Consider…
if the women of your glosses
Are phantoms of your fabulous desires!
Faun, the illusion flees from the cold, blue eyes
Of the chaster nymph like a fountain gushing tears:
But the other, all in sighs, you say, compares
To a hot wind through the fleece that blows at noon?
No! through the motionless and weary swoon
Of stifling heat that suffocates the morning,
Save from my flute, no waters murmuring
In harmony flow out into the groves;
And the only wind on the horizon no ripple moves,
Exhaled from my twin pipes and swift to drain
The melody in arid drifts of rain,
Is the visible, serene and fictive air
Of inspiration rising as if in prayer.

3 – Introduction to the podcast

Lecture lente d’Apparition.

Voilà, vous avez compris ? Moi, je dois avouer, pas tout, mais j’ai plein de jolies images en tête, et je trouve le rythme formidable. Bon, voici la lecture rapide.

Lecture rapide d’Apparition.

C’est beau, hein ? En fait, allez, soyons fous, cela me donne envie de vous lire un autre poème de Mallarmé. Ce poème n’est pas dans le livre bilingue sur Amazon, mais j’ai fait un peu de recherche, et j’ai trouvé le transcrit et une traduction sur le web, et je les ai mis sur mon site. Il s’agit de L’Après Midi d’Un Faune. J’adore ce poème, c’est l’un de mes poèmes préféré, bien que franchement, je n’y comprenne rien. Je vais juste vous lire le début, juste pour le plaisir. Une fois de plus, laissez-vous juste porter par la mélodie du poème, pour moi, c’est de la musique en vers.

Lecture du début de L’Après-midi d’Un Faune.

Ha, ha, ha, je ne peux pas m’empêcher de rigoler à chaque fois que je lis ce poème, parce que ça serait impossible pour moi de vous l’expliquer. Mais je l’aime, c’est comme ça.

Et maintenant, je vous dit à bientôt pour un autre poème, et j’espère que vous irez voir mon site, et que vous aimerez ce que vous y trouverez.

A bientôt, au revoir.