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1 - Poème : Préface
Derrière moi la plaine, comme jadis en Chine quand je
montais l'été vers Kouliang.
Le pays aplati par la distance et cette carte où l'on ne voit rien
tant que l'on marche dedans,
Le chemin qu'il a fallu faire avec tant de peine et de sueur de
ce point jusqu'à un autre point,
Tant de kilomètres et d'années que l'on couvrirait maintenant
avec la main !
Le soleil d'un brusque rayon çà et là fait revivre et luire
Un fleuve dont on ne sait plus le nom, telle ville comme une
vieille blessure qui fait encore souffrir !
Là-bas la fumée d'un paquebot qui part et la clarté
spéciale que fait la mer, -
L'exile à plein coeur accepté dont nous ne sortirons qu'en avant
et non pas en arrière !
Le soir tombe, considère ce site nouveau, explorateur!
Ce silence à d'autres étonnant, qu'il est familier à ton coeur !
Les montagnes l'une sur l'autre se dressent dans une atten-
tion immense.
Il faut beaucoup d'espace pour que la vie commence,
Pour que le souffle du large soit arrêté et que les eaux en ce
cirque déchiré soient recueillies !
J'écoute le bruit qu'elles font et le soupir de tous ces villages
sous moi dans le sucre et dans le riz.
Ma maison que j'ai abandonnée pour toujours, je n'ai qu'à
me retourner pour savoir qu'elle est là-bas.
(J'entends le vent, pendant que je lis les Psaumes, qui fait
remuer les stores de la vérandah.)
Je sais que tout est fini derrière moi et que le retour est exclu.
Donne avec un profond tressaillement, mon âme, dans ce
pays complètement inconnu !
Pourquoi tarder plus longtemps sur ce seuil préparateur ?
Viens, si le nom d'un Père a pour toi quelque douceur.
2 - Translation
You will find the English translation of this poem in the Dual-Language Book presented here, as well as a short biography of the poet. I will be reading many poems (in the public domain) from this book.

