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Today's poem is very simple and is studied by French middle school students as an introduction to Old French. I am going to read the poem, but also explain the text in French and speak about the author.It's about the arrival of spring. The descriptions are charming and talk to all our senses: we can feel the coat of Winter against our skin, our ears capture the animal songs celebrating the upcoming Spring, and our eyes are blinded by the reflection of the sun over the rivers full of winter's waters.

1 – Poem – français moderne

Le temps a laissé son manteau.
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête, ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie,
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

2 – Poem – vieux français

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n’y a beste ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie ;
Le temps a laissié son manteau.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau.

3 – Poem – English

The season removed his coat
Of wind, cold an drain,
And put on embroidery,
Gleaming sunshine, bright and beautiful.

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There is neither animal nor bird
That doesn’t tell in it’s own tongue:
The season removed his coat.

Rivers, fountains and brooks
Wear, as handsome garments,
Silver drops of goldsmith’s work;
Everyone puts on new clothing:
The season removed his coat.

 

Explication de texte

Vers numéro un :
Le temps a laissé son manteau.
Pas de problème ici, le manteau c’est un vêtement que vous portez au-dessus de vos autres vêtements, pour sortir, quand il fait froid dehors.

Vers numéro deux :
De vent, de froidure et de pluie,
Là aussi c’est facile, la froidure est un mot qu’on n’utilise plus. Maintenant, on dit juste le froid.

Vers numéro trois :
Et s’est vêtu de broderie,
Se vêtir, ça veut dire s’habiller, et la broderie, c’est un dessin que l’on fait avec un fil sur un tissu. Le verbe est broder. Avant, on brodait le nom des enfants sur leurs vêtements. Souvent, pour la naissance d’un bébé, on lui offre une petite couverture avec son nom brodé dessus. Vous comprenez ?

Vers numéro quatre :
De soleil luisant, clair et beau.
Là encore pas de mot difficile. Luisant, c’est l’adjectif qui vient du verbe luire, c’est un verbe qui décrit la lumière, comme briller.

Donc, dans ce vers, Charles d’Orléans nous dit que le printemps a changé son habit d’hiver, manteau fait de vent, de froid et de pluie, pour son habit de printemps, un vêtement léger, fait de fils et de lumière.

Vers numéro cinq :
Il n’y a bête, ni oiseau
Ici, la négation est un peu étrange. Maintenant, on dirait il n’y a ni bête, ni oiseau.

Vers numéro six :
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le jargon, c’est un langage. Maintenant, on l’utilise de façon généralement négative, pour dire un langage incompréhensible. Et en général, on dit que les oiseaux chantent, et que les autres animaux crient.

Bon, et vers numéro sept :
Le temps a laissé son manteau !
Ça répète le premier vers.

Donc, dans cette strophe, le poète dit que tous les animaux annoncent dans leur propre langage la venue du printemps.

Vers numéro huit :
Rivière, fontaine et ruisseau
Un ruisseau, c’est une toute petite rivière. Le reste, vous comprenez.

Vers numéro neuf :
Portent en livrée jolie,
Une livrée, c’est un mot ancien pour dire un vêtement. Remarquez ici que jolie est placé après le nom, pour la rime.

Vers numéro dix :
Gouttes d’argent d’orfèvrerie,
L’orfèvrerie, c’est le travail des métaux précieux. Donc, dans ce vers, le poète décrit des gouttes d’argent travaillées, délicatement sculptées comme on pourrait en trouver sur un vêtement très riche.

Vers numéro onze :
Chacun s’habille de nouveau :
Vous comprenez je pense.

Vers numéro douze :
Le temps a laissé son manteau,
C’est encore le même vers qui revient.

Donc, dans cette dernière strophe, le poète dit que toute la nature change aussi ses vêtements.

Analyse rapide du poème et vie de l’auteur

Alors, de quoi parle ce poème ? Charles d’Orléans fait l’éloge du printemps, et décrit, en utilisant des images charmantes, les changements qu’il constate dans la nature. Le temps, la saison, et la nature sont personnifiés ; ils s’habillent, portent un manteau, puis des borderies, des livrées. Et les animaux annoncent partout ce changement.

Les descriptions sont charmantes, et parlent à tous nos sens ; nous pouvons sentir contre notre peau le manteau d’hiver, et la légèreté et la chaleur du vêtement de printemps, nos oreilles entendent les chants des animaux qui célèbrent l’arrivée du printemps, et nos yeux se souviennent du reflet du soleil sur les rivières chargées de toute l’eau de l’hiver.

Le poème est sous la forme d’un rondeau, un poème court avec une forme de vers rigide, et la répétition d’un même vers à travers le poème.

Ce poème est simple et est donc étudié par les jeunes Français comme une introduction au vieux français. C’est l’un des plus vieux poèmes français et c’est souvent le premier poème que l’on trouve dans les anthologies de poésie.

Charles d’Orléans était un grand noble français ; né Charles de Valois, il devient Le Duc d’Orléans après l’assassinat de son père, Louis d’Orléans, qui était le frère du roi Charles VI. Il est capturé par les Anglais en 1415, et passera les prochaines 25 années en tant que prisonnier politique en Angleterre – dans des conditions tout à fait agréables je vous rassure.

Pendant ce temps, il apprend l’anglais et compose dans les deux langues de nombreuses ballades, chansons et rondeaux qui célèbrent son amour pour deux belles nobles anglaises. Il ne parlera presque jamais de politique, ni de guerre, ni même de Jeanne d’Arc.

De retour en France en 1440, Charles participe à l’établissement de la paix avec les Anglais, puis se retire dans son château de Blois dans lequel il entretient de nombreux poètes, dont François Villon dont j’ai déjà parlé dans ce podcast.

Un de ses fils deviendra roi de France, Louis XII.

Voilà, je vais maintenant relire le poème plus rapidement, et je vous dis à bientôt pour un autre poème.

If you liked this poem’s reading and explanation, I urge you to check ou my “Easy French Poetry” series which explains the most famous classic French poems. It’s a great way to increas your vocabulary, and learn about French culture.